Bixa Travesty - Affiche

Teddy Award du meilleur documentaire, Berlin 2018

Bixa Travesty

Un film de Claudia Priscilla et Kiko Goifman

2018 | Brésil | Documentaire | 75 min
couleur | VO Portugais Brésilien ST Français | Visa n°151.085 | -12ans avec avertissement
Sortie salles : 26 juin 2019

Portrait électrisant de Linn da Quebrada, artiste à la présence scénique extraordinaire qui réfléchit sur le genre et ose affronter avec un rare panache le machisme brésilien. Le corps féminin trans comme moyen d’expression politique.

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Bio du réalisateur

Claudia Priscilla est née à São Paulo en1972, elle exerce d’abord le métier de journaliste et réalise plusieurs court-métrages avant de réaliser son premier long-métrage documentaire en 2010, LEITE E FERRO.
Kiko Goifman est né à Belo Horizonte en1968. Il étudie l’anthropologie et le multimédia avant de réaliser des films de documentaire et des films expérimentaux. Il créé également des installations vidéo.

Claudia et Kiko ont réalisé plusieurs documentaires ensemble dont OLHE PRA MIM DE NOVO, sur le trans brésilien Silvyio Luccio, présenté dans la section Panorama du Festival de Berlin en 2011 et lauréat de nombreux prix dont le prix spécial du jury au Festival de Rio.
Claudia Priscilla a également co-réalisé (avec Pedro Marques) A DESTRUIÇÃO DE BERNADET (2016) docu-fiction récompensé d’une mention spéciale à Queer Lisboa en 2017, consacré au plus grand critique du cinéma brésilien, Jean-Claude Bernadet.
Kiko Goifman a lui réalisé entre autres ATOS DOS HOMENS (2006), documentaire projeté aux festivals de Locarno, Rotterdam et Berlin, sur des assassinats causés par un escadron de la mort à Baixada Fulminense.

Linn da Quebrada

Elle est cash. Elle est belle. Elle est une révolution à elle toute seule. Linn da Quebrada, rappeuse transgenre de la banlieue de São Paulo, s’est choisi un nom qui revendique tout ce qu’elle a à affirmer : de l’apparence glamour (« linda », belle en portugais) aux origines modestes (« Quebrada » signifie « cassée » en argot local, et fait référence aux banlieues pauvres de São Paulo). L’ego trip, à la différence de celui qu’entretiennent de nombreux rappeurs US pour le fun et l’attitude, est chez Linn un acte politique. S’accepter, accepter sa singularité, c’est permettre à tous ceux et celles qui se sentent non-conformes aux normes de faire de même quand le pouvoir du pays s’attaque frontalement aux minorités. Avec fougue et avec fierté.

Elle n’y va pas par quatre chemins. Linn da Quebrada, figure du rap contestataire et queer brésilien s’autoproclame « terroriste du genre » ou encore « pédale travestie » (Bixa Travesty). Parce que les minorités sexuelles et ethniques sont les premières à souffrir de la violence sociale désormais institutionnalisée depuis l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro, la parole de Linn da Quebrada est une nécessité vitale et un contre-pouvoir salvateur.

En 2016, elle apparaît dans le documentaire MY BODY IS POLITICAL deAlice Riff sous son premier nom de scène, MC Linn da Quebrada. Elle porte alors le cheveu court, frisé et teint en rose et fait ses armes derrière le micro, arrangeant ses premiers mix d’inspiration funk, hip hop sur des rythmiques brésiliennes. Son premier clip Enviadescer  fait l’effet d’une bombe sur la jeunesse trans et noire du nord du Brésil !

 « Je l’ai vue pour la première fois sur scène en avril 2016, se souvient João Federici, le directeur artistique du Festival MixBrasil, le principal festival queer du Brésil, c’était dans un festival qui s’appelle Perifieria Trans à São Paulo, dans le quartier de Grajaú qui subit les pires conditions socio-économiques de la ville. Sa performance était basée sur la confrontation et la subversion, et, avec Jup do Bairro à ses côtés, le show était incroyablement transgressif ! J’ai été emporté par la force de ses textes et de sa voix qui prend le pouvoir sur le public ! Je n’ai eu aucun doute sur le fait qu’on allait en entendre parler, mais je n’imaginais pas que cela irait aussi vite ».

En effet, tout s’est accéléré après la première vidéo et les premiers concerts, Linn s’est séparé du « MC » et assume de plus en plus sa féminité, elle devient une star dans le milieu LGBTQ+. Et JoãoFederici l’engage dès novembre 2016 pour assurer le concert de clôture de MixBrasil : « Un moment historique pour le festival. Devant une salle pleine à craquer de fans s’incarnait l’urgence d’une riposte culturelle et politique dans le pays ».

Le premier album, Pajubasort dans la foulée, l’année 2017 sera celle de la gloire à travers le pays puis s’étendra dès 2018 au monde entier à travers des concerts en Europe.

Cette même année, BIXA TRAVESTY est sélectionné à la Berlinale et couronné du Teddy Award du Meilleur documentaire. Le Teddy du Meilleur film de fiction revient à un autre film brésilien : HARD PAINT (TINTA BRUTA), dont l’un des réalisateurs, Filipe Matzembacher, se souvient de sa première découverte de Linn sur une vidéo Youtube : « Nous étions tous très impressionnés. Elle incarne une voix unique et combattive de notre scène musicale. Elle combine des textes extrêmement politiques, un sens de l’humour décapant et un travail musical très intéressant ». Marcio Reolon, son compagnon et coréalisateur abonde : « Linn da Quebrada est l’une des artistes les plus puissantes et révolutionnaires du Brésil contemporain. Quand Linn chante nous savons que nous ne sommes pas seuls dans notre colère et nos désaccords avec la société, quand Linn chante c’est comme si nous rendions coup pour coup ».